J'éprouve un sentiment de violence qui ne fait que grandir. Je n'en peux plus de cette vie de bohême. J'ai les genoux qui me font mal, ils sont calleux. J'ai tout le temps froid même quand le soleil est au plus haut. Je sens le regard des gens. Tous ces incapables qui dépensent des fortunes pour des futilités, alors que nous vivons dans la rue, on doit même se vendre pour pouvoir subvenir à tous nos besoins.
Aujourd'hui je suis bien loin de cette innocente jeune fille qui avançait dans la vie avec engouement. J'ai toujours cette photo que mon père m'avait donné avant de partir pour le paradis. Un de ces batard m'a demandé si c'était ma fille sur cette photo. Le lendemain les filles m'ont retrouvée couverte de sang sur le trottoir. Ils n'ont pas de conscience. "un jour on va se faire tuer" c'est le même refrain à chaque fois que l'une de nous l'ouvre trop et fini sur le trottoir. Ils ne sont pas humains. Ils ont le bonheur au bout des doigts. Ils mentent, ils boivent, ils font le mal autour d'eux. Pendant que leurs enants font de jolis rêves et que leur femme les attend pensant qu'ils sont restés au travail eux ils se tapent des filles faciles.
Si je tiens debout c'est grâce à mon dealer. Quand je regarde cette unique photo j'ai toujours la même nostalgie. J'ai dû dir adieu à ma vie. J'ai vendu mon âme au diable. Il est devenu mon Dieu. Je m'en vais chaque soir là où il est le plus présent. La rue.
Vous n'arrivez pas à comprendre ce que je lis? Vous êtes aveugles! Même des triple culs de bouteille ne vous aideraient pas !!! Vous êtes l'incarnation de l'indiférence! Nous trinquons pour vous mesdames, messieurs, mesdemoiselles.
Je tire ma révérence.